Je suis toute la soirée en boucle parce que je n’ai rien dit

Tu n’as pas eu de dispute.
Rien n’a éclaté. Aucun mot de trop. Tu as même bien géré. Tu t’es retenue, tu n’as pas répondu, tu as évité le conflit. Et pourtant ce soir tu n’arrives pas à décrocher.
C’est ça qui est épuisant. Pas les disputes. Le silence que tu t’imposes et ce qu’il laisse derrière.
Elle t’a parlé avec cet air supérieur. Cette façon de s’adresser à toi alors qu’elle n’a même pas de lien hiérarchique avec toi.
En l’écoutant, tu sentais la colère monter. Tu n’étais pas d’accord. Ni avec ce qu’elle disait, ni avec la façon dont elle le disait. Et en même temps tu as vite fait tes calculs : si tu réponds, elle risque de s’énerver, de se braquer et au final ça va te retomber dessus. Alors en un dixième de seconde tu as choisi de te taire. Sur le moment, c’était la bonne décision.
Malgré ça, le soir tu rejoues la scène en boucle.
Tu sais exactement ce que tu aurais voulu dire, c’est clair et net dans ta tête. Mais tu sais aussi que si tu l’avais dit, ça ne serait pas passé. Alors tu tournes. La colère monte. Et ça te ronge.
Ce n’est pas vraiment elle que tu détestes ce soir
C’est toi.
Parce qu’encore une fois tu n’as rien dit. Tu tournes en boucle sur ce que tu aurais aimé dire et tu t’en veux de ne pas l’avoir fait même si à première vue c’est elle que tu détestes. Tu tournes en boucle parce qu’au fond de toi c’est pas fini. Tant que tu n’as pas pu t’exprimer, ça ne sera pas fini.
On t’a appris que parler, c’est dangereux
À un moment de ta vie, on t’a reproché ta façon de parler. On t’en a voulu pour avoir dit certaines choses. Tu n’as peut-être même pas compris ce qui n’allait pas dans ce que tu as dit. Mais ton cerveau s’est basé là-dessus pour créer une règle : si je parle, je suis en danger parce qu’on ne m’aimera plus, on va me rejeter.
Aujourd’hui tu fonctionnes naturellement avec cette règle. Tu te dis que ta façon te parler ne vas pas. Que tu pourrais facilement blesser.
Alors oui, il y a des façons de dire les choses et ça s’apprend, jusqu’à devenir un autre automatisme. Mais tant que tu te trahiras en te taisant, tu ressentiras ce mal-être. Et ce mal-être c’est toi, la vraie toi, celle qui est derrière cette injonction à se taire, et qui ne demande qu’une seule chose : être entendue.
le vrai prix du silence
Tu vas me dire que c’est plus facile de se taire.
C’est faux.
Ça te coûte énormément en énergie, en respect de toi-même, en temps perdu à ruminer le soir au lieu de passer du temps de qualité avec tes proches. Et ton sommeil, on en parle ?
Tu vas me dire que jusqu’ici tu as géré. C’est vrai. Tu peux certainement continuer encore. Mais le mécanisme est simple : au fur et à mesure, le mal-être grandit jusqu’à devenir totalement insupportable. Et ça se traduit d’une façon ou d’une autre. Soit par une explosion : tu déballes tout à la personne concernée, ou au premier qui passe au mauvais moment. Soit par une implosion : tu lâches complètement et tu entres dans un épuisement émotionnel.
La salle de sport et netflix ne régleront rien
On t’a peut-être déjà dit de passer à autre chose. Et oui, ça marche, dans les situations où c’est choisi, consciemment et totalement assumé. Mais là c’est plus de la fuite. Éviter la situation, mettre sous le tapis, aller à la salle de sport, se vider la tête devant Netflix, les réseaux sociaux, la boîte de gâteaux…
Ton cerveau ne lâchera pas. Parce qu’il y a au fond cette part de toi qui veut absolument s’exprimer telle qu’elle est vraiment. Passer à autre chose c’est temporaire et malsain pour toi. Voilà pourquoi il vaut mieux traiter la source, sortir de cette boucle infinie et intégrer des façons de dire les choses sans blesser.
ce n’est pas ton caractère, c’est un signal
Ce n’est pas ta nature. Ce n’est pas ton caractère.
C’est juste le signe que tu ne veux plus te cacher derrière cette habitude de te taire pour éviter les conflits. Que tu veux enfin être toi-même sans risquer de faire pire que mieux.
Pour comprendre ce qui se passe vraiment, c’est par ici.