j’anticipe les réactions des autres en permanence et je suis épuisée

« Si j’écris ça comme ça, elle risque de le prendre mal. » « Si on me donne la parole en réunion et que je dis quelque chose de travers, qu’est-ce qu’on va penser de moi ? » « Si je lui demande de m’aider, il va se sentir obligé. » « Est-ce que c’est le bon moment pour lui parler de ça ? »
Pour toi c’est un reflexe. C’est naturel. Tu sais comment vont réagir les autres avant qu’ils aient ouvert la bouche.
Et tu est certaine d’avoir raison. Ou plûtot ton cerveau croit avoir raison. Parce qu’il a tellement analysé, tellement anticipé, tellement rejoué de scenes similaires qu’il te présente ses conclusions comme des certitudes.
Tu crois peut-être que c’est de l’empathie. Mais l’empathie, ce n’est pas ça. L’empathie c’est ressentir ce que l’autre vit réellement. Ce que tu fais c’est autre chose.
tu es en hypervigilance pas en empathie
Tu penses à la place des autres. Ce n’est pas un reproche, ce n’est pas une critique. C’est juste que tu rejoues des scenes similaires et tu en fais des généralités. Mais chaque personne est différente, chaque réaction est propre au son vécu, pas au tien.
Tu es en surveillance permanente pour éviter un danger qui, selon ton cerveau, s’est déjà produit, pour lui s’est un danger. Alors il te rappelle ce que pourrait être la réaction de l’autre, en fait une vérité absolue et pour rester en sécurité tu t’adaptes. Tu ne vas pas dire. Tu vas tourner autour du pot. Tu vas faire autrement, faire sans, te débrouiller seule.
Et personne ne le voit. Parce que pour toi c’est devenu tellement naturel, un processus qui se joue en quelques secondes, imperceptible. Les potentielles « situations difficiles » n’éclatent jamais. Mais ce que personne ne voit non plus, même pas toi c’est le coût de cette gestion permanente.
d’où vient ce réflexe ?
Tu as dû faire face à des réactions virulentes ou perçues comme virulentes. Tu t’es sentie en danger. Ton cerveau a appris à anticiper les réactions des autres pour se protéger.
C’est un réflexe de survie. Il ne s’est jamais arrêté, il s’est même amplifié avec le temps jusqu’à devenir un automatisme. Ton cerveau a mis ça en place pour toi. Pour te protéger.
Et à l’époque c’était peut-être la bonne réponse. Anticiper les réacion de quelqu’un d’imprévisible, c’était une façon de te protéger. Le problème c’est que ton cerveau applique encore aujourd’hui cette règle même avec des personnes qui ne sont pas dangereuses. Même dans des situations qui ne ressemblent qu’à moitié à ce qu’il a connu.
la charge mentale que tu ne vois pas
Aujourd’hui c’est une charge mentale invisible parce que pour toi, c’est ta façon de fonctionner depuis des années.
C’est de l’énergie en moins et des relations qui ne sont pas saines. Un cerveau qui tourne en permanence pour avoir une longueur d’avance sur tout le monde. Ne jamais être dans le moment présent, toujours dans le calcul. Tu es épuisée. Et tu ne sais même pas pourquoi.
Tu rentres chez toi fatiguée, vidée. Pas besoin de courir un marathon, tu as juste passé une journée « normale » pour toi en mode surveillance permanente. C’est ça qui t’épuise. Le niveau d’alerte constant.
être attentive à l’autre ce n’est pas s’effacer
Il y a une différence entre être attentive aux autres et se mettre de côté pour éviter une réaction, même potentielle.
Etre attentive, c’est une qualité. S’éffacer pour ne jamais risquer de déclencher quoi que ce soit c’est autre chose.
La vérité c’est que tu ne peux pas anticiper la réaction des autres. Et quelle qu’elle soit, elle n’a rien à voir avec toi. C’est leur système de pensée, leur façon d’être par rapport à leur propre vécu. La seule chose que tu puisse faire, c’est d’apprendre à être plus stable en toi, à dire les choses de la bonne façon et comprendre que ce que l’autre ressent lui appartient.
Ca veut dire que tu pourras dire quelque chose et que l’autre soit libre de le prendre de la manière qu’il veut sans que tu en sois responsable. Ca veut dire que même sans anticiper, sans t’adapter ça se passe bien quand même. Ton cerveau ne te présente pas cette option mais elle existe.
Tu prends sur toi pour que l’autre aille bien mais c’est pas ton rôle
Il y a autre chose aussi. Ce n’est pas seulement la peur de la réaction de l’autre. C’est que tu ne veux pas qu’il se sente mal à cause de toi. Que ta demande, ta remarque, ton refus lui gâche sa journée. Que tu sois la cause de son inconfort.
Alors tu t’arranges. Tu reformules. Tu renonces. Tu prends sur toi pour que l’autre aille bien.
Ce n’est pas à toi de gérer ça.
Et si c’était même l’inverse ? En disant les choses (de la bonne façon), en posant tes limites, en refusant parfois, tu lui montres l’exemple. Tu lui donnes une opportunité de travailler sa propore façon de réagie, d’apprendreà dire non lui aussi, d’être content d’avoir pu t’aider. Tu lui ouvres un champ des possibles qu’il n’aurait pas eu si tu avais tout géré à sa place pour qu’il n’ait rien à ressentir.
ce n’est pas changer qui tu est c’est retrouver qui tu es
Imagine un matin tu arrives au travail et me si tu perçois encore les humeurs de tout le monde, tu ne ressens pas le besoin de « faire attention ».
Tu peux dire ce que tu as envie de dire, de la manière que tu auras développée, sans chercher pendant dans les heures, te taire ou t’adapter. Une façon de communiquer qui te permet d’avoir des relations saines. D’être suffisamment à l’aise pour que même si l’autre le prend mal, tu saches gérer et l’amener vers la bonne compréhension de ce que tu as dit.
Tu es là. Tu ne t’effaces pas. Et tu permets à l’autre d’être là aussi.
Tu rentres avec de l’énergie, de la sérénité et nouvelle forme de présence pour ton entourage.
Tes relations sont vraies. Pas calculées. Tu es là, vraiment là, sans cette partie de toi qui surveille en permanence.
C’est possible et ça ne change pas qui tu es, ça te révèle. Et permet à l’autre de le faire aussi.
un matin tu arrives au travail et me si tu perçois encore les humeurs de tout le monde, tu ne ressens pas le besoin de « faire attention ».
Tu peux dire ce que tu as envie de dire, de la manière que tu auras développée, sans chercher pendant dans les heures, te taire ou t’adapter. Une façon de communiquer qui te permet d’avoir des relations saines. D’être suffisamment à l’aise pour que même si l’autre le prend mal, tu saches gérer et l’amener vers la bonne compréhension de ce que tu as dit.
Tu es là. Tu ne t’effaces pas. Et tu permets à l’autre d’être là aussi.
Tu rentres avec de l’énergie, de la sérénité et nouvelle forme de présence pour ton entourage.
Tes relations sont vraies. Pas calculées. Tu es là, vraiment là, sans cette partie de toi qui surveille en permanence.
C’est possible et ça ne change pas qui tu es, ça te révèle. Et permet à l’autre de le faire aussi.